Verdun : 11/12 juillet 2009

Publié le par Noëmie et Jérôme

Circuit découverte du Champ de Bataille

Rappel historique :
La bataille de Verdun fut une bataille de la Première Guerre mondiale qui eut lieu du 21 février au 19 décembre 1916 près de Verdun en France, opposant les armées française et allemande. Conçue par von Falkenhayn comme une bataille d'attrition pour « saigner à blanc l'armée française » sous un déluge d'obus dans un rapport de pertes de un pour deux, elle se révélera en fait presque aussi coûteuse pour l'attaquant : elle fit plus de 300 000 morts (163 000 soldats français et 143 000 allemands) et se termina par un retour à la situation antérieure. Parallèlement, de juillet à novembre, l'armée britannique sera engagée dans la bataille de la Somme, tout aussi sanglante pour des résultats également mineurs.
Alors que, côté allemand, ce sont pour l'essentiel les mêmes corps d'armée qui livreront toute la bataille, l'armée française fera passer à Verdun, par rotation, 70 % de ses Poilus, ce qui contribua à l'importance symbolique de cette bataille et à la renommée du général Pétain qui commanda la première partie de la bataille. C'est au général Robert Georges Nivelle que revint le mérite de l'enrayement définitif de l'offensive allemande (juin - juillet 1916), puis de la reconquête du terrain perdu entre octobre et novembre 1916 avec la récupération du fort de Douaumont, aidé en cela par son subordonné Charles Mangin.
Rétrospectivement, Verdun apparaît comme le lieu d’une des batailles les plus inhumaines auxquelles l’homme s'est livré : l'artillerie y cause 80 % des pertes, le rôle des hommes y consiste surtout à survivre -- et mourir -- dans les pires conditions sur un terrain transformé en enfer, tout cela pour un résultat militaire nul.
Verdun sera, comme la Somme, une terrible leçon que certains théoriciens militaires allemands sauront comprendre. L'immobilité du front, malgré les moyens engagés, est due à l'absence de moteur : en 1940, soumise au feu motorisé des panzers, Verdun tombera en 24 heures.

 

 

Tranchée des Baïonnettes

La tranchée des baïonnettes est un des deux mythes modernes datant de la Première Guerre mondiale, avec le Debout les morts ! de Péricard. Le monument commémoratif est situé sur le territoire de la commune de Douaumont, (Meuse).

L’histoire est présentée comme suit :
Le 11 juin 1916, 57 hommes du 137e régiment d'infanterie — en majorité Vendéens — qui se préparaient à un assaut sont enterrés vivants par l'explosion d'un obus. Entre les 10 et 12 juin 1916, a eu lieu à cet endroit un effroyable bombardement (notamment de canons lourds de 280 mm et obusiers de 305 mm). Les fusils émergeant du sol marquaient l'endroit où certains soldats avaient été enterrés vivants dans leur tranchée, et on baptisa le lieu « la tranchée des fusils ». On la renomma par la suite " tranchée des Baïonnettes ", un nom plus tristement évocateur. Très impressionné par ces images, un banquier américain du nom de Georges T. Rand fit don de 500 000 francs pour la construction du mémorial qui abrite toujours le site. En juin 1920, le secteur fut fouillé par des équipes de travailleurs immigrés indochinois et italiens, un travail particulièrement pénible, parmi les rats et les moustiques qui infestaient l'ancien champ de bataille. 47 corps furent mis au jour, dont 14 purent être identifiés.
Le monument fut construit par l'architecte André Ventre en 1920.

Explication :
En fait, il est impossible que la terre soulevée par les obus qui tombent irrégulièrement parvienne à combler une tranchée. De plus, on n’en retrouve nulle trace sous cette forme dans les récits des combattants ; par contre, ces alignements de fusils ou de baïonnettes le long d’une tranchée, ou de corps, sont très fréquents. Il s’agit d’un usage qui s’est établi durant la guerre : après une offensive, il était nécessaire d’enterrer au plus vite les corps, y compris ceux des ennemis. La solution la plus pratique pour ceux-ci était de combler un boyau inutilisé avec leurs corps. La tombe collective était ensuite marquée de fusils baïonnettes en l’air. Cette explication est fournie dès la fin de la guerre par des soldats anciens combattants.





 

Fort Douaumont

Histoire :

Après la guerre de 1870 qui a vu la perte de l'Alsace et d'une partie de la Lorraine, un plan de défense de la frontière est établie par Séré de Rivières qui fait construire 38 forts et ouvrages sur un périmètre de 40 kilomètres autour de la ville de Verdun. Parmi eux, le fort de Douaumont, l'ouvrage le plus important et le plus puissant car le mieux armé de cette ligne de défense. Sa construction commence dès 1885 et se termine fin 1913. Il devient par son volume, fort de la région verdunoise en 1914. Au début de la Première Guerre mondiale, l'état-major français ne croit plus aux fortifications fixes car il pense que seule l'offensive peut procurer la victoire. La destruction des forts franco-belges de la Meuse en 1914 par les gros calibres allemands ayant encore renforcé cette idée, le 5 août 1915 est établi un décret autorisant le retrait des garnisons des forts.
Le 25 février 1916, les Allemands attaquèrent en direction du Fort de Douaumont dans le but de porter leurs lignes à environ 600 mètres du fort. Étonnés par le calme régnant dans la région du fort et poussant en avant, ils réussirent à descendre dans le fossé et à rentrer dans les galeries. Les 57 soldats qui occupaient le fort furent faits prisonniers. La perte du fort, important point d'appui, observatoire et abri de premier ordre entraînait pour la défense, des conséquences matérielles et morales considérables. Cependant les Français n'avaient pas perdu l'espoir de reconquérir le fort. Cinq divisions françaises, dont trois en tête, devaient déblayer en quelques heures le terrain que les Allemands avaient péniblement conquis en 8 mois de bataille. Les Allemands organisent tout de suite la défense du fort de Douaumont. Dans la soirée du 25 février, ils sont 19 officiers et 79 sous-officiers et hommes de troupes de cinq compagnies différentes à occuper Douaumont. Le fort devient le pivot de la défense allemande sur la rive droite de la Meuse.
Le 8 mai 1916, la vie du fort, alors occupé par les Allemands, fut troublée par un événement imprévu. La veille, les bombardements avaient été très violents. L'ouvrage avait reçu les blessés, un bataillon au repos et de nombreuses troupes se trouvaient dans le fort. À 6 h 00 du matin, une violente explosion, celle d'un dépôt de grenades, mit le feu à un dépôt de lance-flammes. Les pertes furent lourdes, les Allemands commencèrent à enterrer les morts mais comme on en retrouvait toujours, le commandement les fit placer dans deux casemates qui furent murées. Des 800 à 900 soldats qui périrent, 679 sont enterrés derrière cette croix : c'est le cimetière allemand du fort.
Le 24 octobre 1916, le fort fut repris par le régiment d'infanterie coloniale du Maroc, faisant partie des divisions Mangin. Ordre du jour du général Nivelle, le 25 octobre 1916, remerciant les troupes qui ont repris le fort de Douaumont : « Officiers, sous-officiers et soldats du groupement Mangin, en quatre heures, dans un assaut magnifique, vous avez enlevé d'un seul coup, à notre puissant ennemi, tout le terrain, hérissé d'obstacles et de forteresses, du Nord-est de Verdun, qu'il avait mis huit mois à vous arracher par lambeaux, au prix d'efforts acharnés et de sacrifices considérables. Vous avez ajouté de nouvelles et éclatantes gloires à celles qui couvrent les drapeaux de Verdun. Au nom de cette armée, je vous remercie. Vous avez bien mérité de la Patrie. »
Le 14 décembre 1916, un obus allemand de 420 mm est tombé dans la casemate murée. L'obus explosa et tua 21 soldats. On put en sortir 14 pour les enterrer à l'extérieur, les 7 autres, dont les noms sont inscrits sur une plaque, furent déchiquetés et reposent encore derrière ce mur épais.
Paradoxe inouï, Douaumont coûta, dit-on, 100 000 morts à la France, et aura été pris et repris sans combat.

Description :
Le fort de Douaumont est l'ouvrage armé le plus important et le plus puissant de toute la région de Verdun. Il présente une superficie de trois hectares, une longueur de 400 mètres, plusieurs kilomètres de galeries et deux niveaux inférieurs. Le plafond est épais de six mètres (pierres, sable, béton spécial et terre). Le fort permettait de loger 800 hommes environ mais en 1916, il y en eut parfois jusqu'à 3 000, voire 3 300. Dans le couloir central, il y a des chicanes avec des créneaux pour mitrailleuses et grenades. Dans les niches se trouvent les échelles grâce auxquelles on pouvait accéder à l'étage inférieur. En effet, pendant les bombardements intenses, il était pratiquement impossible dans le fort de supporter le bruit infernal dû à la résonance.





La vie dans le fort : Le fort contenait des citernes. Cependant avec les combats, elles étaient inutilisables et les ravitaillements en eau étaient particulièrement difficiles, rationnant les occupants à 250 ml d'eau par jour. À cette époque, on utilisait pour l’éclairage des bougies et des lampes à pétrole qui, à cause de la pression atmosphérique (manque d’oxygène), s'éteignaient rapidement. Les Allemands avaient transporté au fort des groupes électrogènes qui étaient en cours de montage au moment de la reprise du fort. La ventilation était assurée par des ventilateurs à main. Les toilettes n'existaient pas dans le fort jusqu'en 1917, quand les Français commencèrent les installations de fosses pour toilettes.

Le fort présente aussi une pièce dans laquelle on désinfectait les uniformes avec de la vapeur d'eau. Il servait de lieu de passage et de repos à l'infanterie allant en ligne, le seul endroit où une troupe pouvait se reposer sans danger. La sortie en était difficile, l'artillerie française tenant sous son feu les issues du fort. Aussi pour réduire les pertes à la sortie du fort, les Allemands entreprirent la construction d'une communication souterraine, appelée Sud-Tunnel dans l'axe même du fort. Fin octobre, 60 mètres seulement étaient achevés. Il fut prolongé par les Français après la reprise du fort, à 250 mètres environ au sud du fossé de gorge du fort.



La tourelle Galopin :
Le fort renferme la tourelle Galopin. Elle a été construite de 1907 à 1909. C'est un canon de 155 R, ce qui veut dire 155 Raccourci, qui se trouvait en haut sous la coupole, et était orientable à 360°. Le pointage se fait par des manivelles. Il s'agit d'une tourelle à éclipse, qui monte pour tirer et redescend aussitôt. La manœuvre pour monter la tourelle était effectuée par trois sapeurs (deux a gauche et un a droite) à l'aide des manivelles et des démultiplications. En tournant, ils faisaient descendre les balanciers et dégageaient ainsi deux câbles qui se trouvaient au centre et qui permettaient aux deux contrepoids, situés à chaque extrémité, de descendre également. C'est le poids de ces deux contrepoids qui en descendant montaient la tourelle au milieu. Quand la tourelle était arrivée à sa hauteur, ils pouvaient la bloquer. Pour la descendre, ils lâchaient le frein, continuaient à tourner la tourelle et la tourelle redescendait par son propre poids. Le système est simple, c'est l'équilibre des deux contrepoids avec le poids de la tourelle. Ainsi on a 37 tonnes de contrepoids et 37 tonnes de tourelle. Aux trois sapeurs, il fallait deux minutes pour monter la tourelle à 60 cm de hauteur, alors en position normale de tir. Les obus étaient montés à l'arrière deux par deux à l'aide du monte-charge puis passés à la main sous la coupole. Un obus de 155 R pesait 43 kg et avait une portée de 7,2 km. Le tir de ces tourelles aurait pu être très rapide, mais il y avait deux inconvénients : le bruit à l'intérieur, la résonance, était infernale et les gaz carboniques qui revenaient sans cesse. Il y avait bien un système de soufflerie mais il était insuffisant et c'est ce qui freinait le tir de ces tourelles. Lorsque le fort a été prit pendant la Seconde Guerre Mondiale, un soldat français, nommé Victor Chrétien, l'a saboté ce qui l'a rendu inutilisable par l'armée allemande contre la France.



Ossuaire de Douaumont
L'ossuaire de Douaumont est une nécropole nationale située sur le territoire de la commune française de Douaumont, en Lorraine. Le monument fut créé après la bataille de Verdun. Il abrite un cloître long de près de 137 mètres avec des tombeaux pour environ 130 000 soldats inconnus. En face de l'ossuaire se trouve un immense cimetière.


Historique :
La bataille de Verdun, 21 février 1916 - décembre 1916, a constitué 300 jours et 300 nuits de combats acharnés et effroyables, où environ 300 000 soldats français et allemands ont été portés disparus.

Ossuaire provisoire de 1920 à 1927 : c'est en parcourant les lieux, aux premiers jours de l'Armistice de 1918, que Monseigneur Ginisty, évêque de Verdun, accompagné du général Valantin, gouverneur de Verdun, a l'idée de donner aux restes des soldats tombés lors de la bataille une sépulture décente où les familles pourraient venir se recueillir et prier leurs disparus.

22 août 1920 : la première pierre est posée par le maréchal Pétain, président d'honneur du Comité de l'ossuaire.

17 septembre 1927 : transfert solennel de l'ossuaire provisoire à l'ossuaire définitif des 52 cercueils représentant les secteurs de la bataille de Verdun.

7 août 1932 : inauguration officielle par le président de la République Albert Lebrun.

11 novembre 2008 : pour la première fois, le président de la République française, Nicolas Sarkozy, préside la cérémonie de l'armistice du 11 novembre 1918 depuis l'ossuaire de Douaumont.

Le bâtiment de l'ossuaire de Douaumont représente une épée enfoncée en terre jusqu'à la garde, qui seule émerge avec la poignée servant de lanterne ou un obus. Et comme signe de paix une croix, qu'il peut aussi représenter.

Intérieur :
Le cloître est long de 137 mètres ; on y trouve les 46 tombeaux abritant les restes de quelques soldats. Ces tombeaux recouvrent les cuves de 14 m³ où sont déposés les restes de 130 000 soldats inconnus sans distinction de nationalité, où les familles peuvent se recueillir et prier pour leurs morts. Les noms inscrits sur le mur au-dessus des tombeaux correspondent aux zones de combats où les soldats sont tombés. Sur la voûte, chaque pierre gravée représente le nom d'un soldat disparu, ou d'une association d'anciens combattants. Il y a aussi des pierres rendant hommage aux soldats tombés pendant la Seconde Guerre mondiale et les guerres d'Indochine et d'Algérie. Au premier étage se trouve le musée de guerre qui comporte des reliques des villages détruits, des vues stéréoscopiques en relief du champ de bataille, ainsi que de nombreuses armes. On peut notamment trouver un mortier allemand de 76 mm en parfait état de conservation, le « Minenwerfer », classé monument historique.

Le cimetière :
En contrebas de l'Ossuaire, le « Cimetière National », contient 15 000 tombes (les croix : en blanc pour les vainqueurs et en noir pour les vaincus), mais plus de 16 100 soldats y reposent, sur 144 380 m², les tombes musulmanes étant orientées vers la Mecque. Le général Anselin, tué le 24 octobre 1916, occupe au centre l'emplacement souhaité par le maréchal Pétain. Le président Jacques Chirac y a inauguré un monument à la mémoire des soldats musulmans en 2006. 





Mémorial de Verdun
Le Mémorial de Verdun à Fleury-devant-Douaumont en Meuse (en région Lorraine) évoque les souffrances des combattants mais aussi des populations civiles pendant la Première Guerre mondiale.
Situé dans le réseau des collines de Verdun encore fortement marquées par les séquelles de guerres et où sont morts environ 300 000 soldats et où 400 000 autres ont été blessés ou brûlés par les armes chimiques (Ypérite, chlore) en moins d'un an, le Mémorial a été construit à l'emplacement de l'ancienne gare de Fleury-Devant-Douaumont. Il rassemble les vestiges de la bataille de la Première Guerre mondiale.

Muséographie :
Créé en 1967, à l'initiative du CNSV (Comité National du Souvenir de Verdun) sous l'égide de l'Académicien et ancien combattant Maurice Genevoix qui en était alors le président, le Mémorial de Verdun est aujourd'hui l'un des principaux musées européens de la Grande Guerre. Une collection de nombreux objets personnels et d'objets dits « d'artisanat de tranchées » y évoquent la vie quotidienne et le martyr des hommes qui y ont vécu un des épisodes les plus tragiques de la Première Guerre mondiale. L'association nationale du souvenir propose aussi des visites de terrain, permettant de découvrir les vestiges du champ de la bataille de Verdun.

 

Spectacle « des flammes… à la lumière »

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Publié dans France

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